"On vient de loin / On ira loin / C'est le matin / C'est presque rien" (comptine maison)

   

 

        L'aube, déjà ?


L'aube d'un nouveau jour pointe son museau ...
L'aube d'un nouveau monde assoit nos idéaux.

Un monde nouveau, fantasque : celui des oiseaux, qui sont les seuls à évoluer vivants quand le soleil rougeâtre se montre derrière l'horizon, certifié nouveau, cerné des bleus frivoles de la nuit évaporée.
Ils savent bien, les pimpants volatiles, que vont venir les Machines et leur tintamarre précieux, et que s'imposera une parenthèse toute de vanité et d'agitation. Mais ils ont appris que, dès le lendemain, le monde fluide leur appartiendra complètement, à nouveau. Alors ils chantent une nouvelle page de tournée dans la partition.

On croirait entendre à la radio l'annonce d'une nouvelle tournée des Rolling Stones, c'est comme si le haut-parleur poussiéreux avait droit à un grand lifting, chaque fois que le rock'n'roll band prenait un coup de vieux ! ;-)

Ce vaste dégradé familier, dans les cieux ténébreux, n'est pas dégradant. Facétieux rendez-vous des points sur les I. Le camaïeu intime flamboie tranquillement. Invicible de par son insouciance fugace. Rien de plus désarmant que la naïveté ... La métamorphose crépusculaire, comme un gant subrepticement retourné, demeure, inéluctable et pourtant frileuse ... Immanquablement le point du jour flirte aux antipodes.
La transvaluation par brouettes entières : alchimie bio-atomique d'une mutation programmée, immanquablement lovée dans l'engourdissement puéril, impartialement larvée dans la transmutation des âmes ...

La Terre, (celle-là même qui nous supporte, sans quoi nous ne pourrions dormir, dormir et veiller quand tout le Monde dors), à l'aube, elle est comme au premier jour. Vacante. L'imagination en mouvement, indicible frémissement, mais toute de flagrantes fragrances, prend les frondaisons à bras le corps pour les coiffer gentiment de certitudes.
Elles semblent en forme et vont le prouver. À l'horizon décillé. Avenantes sentinelles, escortes, telles des geishas nubiles et bénévoles, maquillées d'inédit ... Inexpérience indéfectible que celle du gros lot. Vient à apparaître la solidarité outrancière qui n'a jamais douté de rien, et à qui tout est du ... Celle du soir au matin.

Il parait que l'horloge peut tout absoudre, (les dormeurs-du-soir matinaux, comme les lève-tôt noctambules.)
Tous dans les starting-blocks, avec une certaine rémission de derrière les fagots ....

Un rêve oublié, occulté par l'évanescence médiocratique d'une notule commerciale, grignoté par l'expansion du répertoire d'apothicaire de tous les compromis vénaux, déstabilisé de poncifs malencontreusement fardés.
Le listing du jargon corporatiste et exclueur au taquet, la compilation trésaille, où l'on sent les (en)jeux de pouvoir entre des egos bridés dans leur volonté de prise en compte, tandis que l'on perçoit le grondement d'éminences grises bien portantes, avides de consentement forcé, (mais au bout de leurs moyens ... ou neutralisés dans l'endormissement saturé.)
S'élève un choral connectique, si loin de l'usuel florilège de circulaires policées ... ("Homme sweet homme" avant tout ! L'humain dispose de deux mains pour le lendemain ...)
L'individu ne ressemble plus à une babiole que l'on oublie au fond d'un tiroir : il se tire du lit ! (... où qu'il soit).
Sûrement mais lentement, le collectif délibéré se change progressivement en substantif polymorphe. Bandant ses haubans, l'egotisme vierge cherche ses marques. La chrysalide vénielle se brisera comme ton sommeil, en mille morceaux de quartz urbains. Silicium contre carbone, les paris sont ouverts ... Les jeux ne sont pas faits ... L'aube dévaste autant qu'elle engendre.
J'ai soif ! ... /...

J'ai le jus de fruits philosophe.
On apprend l'aube, et l'aube nous apprend.
C'est l'utopie spatio-temporelle qui se transmue en réalité, là, sous nos yeux ! Puisse le temps ne jamais s'arrêter ! Serment fiable comme un duvet en titanium enrichi ...
On croit voir l'éveil quitter la marginalité et exister par lui-même, soudain affranchi de l'onirique pailleté.
L'oblitération du manichéisme, en même temps que l'héritage des mutations, fouettent !
Eveil : L'individualisme (auto-aliénation généralement un peu culpabilisante) s'avère maintenant crucialement salutaire, et même franchement indispensable (attendu que la responsabilité de l'éveil ne se conçoit que strictement individuelle).

L'optimisme congénitalement demeuré, galvanise l'élan. Le sujet se pare resplendissant, et pas seulement pour grandir ses contrastes.
La veilleuse en colifichets improvisés éblouit les lucioles enguenillées.

"Get up, stand up / Don't give up the fight / Get up, stand up / Stand up for your rights !"

L'inquiétude s'effrite, les lambeaux du sommeil se dissipent, le fatalisme mal vécu se veut enjoué, rasséréné une fois hors des limbes. Sûrement pas vaincu, à l'évidence. Mais sans lyrisme obligatoire ; plutôt perclus de fulgurances comateuses en pleine précautions oratoires, enthousiasme oblige. Un enthousiasme séminal, presque engourdi, enroué. La sclérose d'initiative peut se craqueller dans un étirement (post-baillement). L'écran n'est jamais total : le sourcil va parler ! Intensité communicante qui monte en puissance ...

Diatribe émotionnelle simplissime, sentiment unique émanent de la nature humide, invariance monolithique mais dense. L'impermanence guette le volatile ... L'aube s'apprête. On devine des clins de yeux en pagaille. Sans pub, à cette heure.
Les constituants rivalisent de moyens potentiels. La novation est en marche. Elle déboule de l'ombre. Amélioration de la condition. Une chose est sûre : c'est aujourd'hui qui est là.
Où on l'a laissé, on reprend l'amadou ... Fanfreluches et bagatelle gisent au pied de la couche. L'attirance est passée par là ... L'aube est magnétique.

On est imperceptiblement pris par l'envie de croire en un Dieu inexpugnable (si ce n'est déjà fait) ; comme de militer pour l'oeuf (ou je ne sais quoi). La patience a payé : Dieu est là (comme l'indique le nom d'un bateau de pêche martiniquais, itinérant, mais pas tant que ça). Le froid se dissipe, la chaleur chahute.
L'heure étant à la promesse synthétique du fier projet, on oublie la honte des cafouillages contraints. Simultanément, la jeunesse semble un droit et presqu'un devoir, tel ceux d'aînesse (sans conteste, sans hiérarchie précaire).
La banane (... qui se joue de la spéculation improductive.)
Là, la révolution (moléculaire) perd ses allures d'escroquerie chatoyante. "C'est pas perdu". On est toujours là, c'est ici que l'on reste.
(Et puis qu'est-ce que c'est que sept cent kilomètres ? La lumière a de la vitesse.)

Des chants évolutionnaires soudainement arrivés, crépitent, sous-jacents dans les gazouillis enjoués.
Un piaf a toujours l'air de garder ses mains sur ses hanches, quand il se présente.

Au petit matin, plus personne n'a faim. Les estomacs se sont contractés pendant la cryogénisation simulée et les métabolismes au ralenti célèbrent la simultanéité (l'égalité biologique est indéfectible) Insistante, la fraternité des somnoleurs méritants, intermittents de la cosmogonie, frelate les antagonismes pervers. L'humeur est bonne, la météo sereine, et la libido velcro se porte légère telle une plume d'oie.

Depuis hier la disette culturelle est javellisée. Les yeux froissés, voire cristallisés, le dos fourbu mais pas courbé, les egos font les Pierrots à la frange. La mauvaise volonté a pris la tangente (elle balise). On a froid aux cheveux, pourtant on ouvre la fenêtre, et l'on se pénètre du devenir ravigoté, à la fraîche ... Plusieurs fois, parfois.

L'âme et la conscience sont encore imbriquées, l'Innocence a repris ses breloques et tout ce qui lui était du. ("De bon poil" : du poil de la bête). On se devine incarné.

vendredi 13 mai 2006

Pr Fox.

 

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